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Thème de recherche : Territorialisation de la sécurité et aménagement urbain.
La vidéosurveillance entre "big brother" et "grand méchant loup".
Ce thème de recherche implique trois équipes européennes et une équipe américaine. Il émane du réseau international "Alerte en milieu urbain" créé au sein de PACTE.
Les quatres équipes sont :
- France : PACTE Territoires - CNRS, Université Joseph Fourier Grenbole 1, (François Mancebo (resp.), Lauren Andres (co-resp.), Sebastian Roché).
- Italie : Istituto Superiore sui Sistemi Territoriali per l'Innovazione (SITI ) du Politecnico de Torino (Giulio Mondini (resp.), Sergio Olivero, Claude Raffestin).
- Suisse : Laboratoire Chôros, Ecole Polytechnique Fédéral de Lausanne (EPFL), (Valérie November (resp.), Francisco Klauser (co-resp.), Jean Ruegg).
- USA : Institute for Crisis Disaster and Risk Management (ICDRM) de la George Washington University (Irmak Renda-Tanali (resp.), Claire Rubin).
Contexte scientifique et objectifs
Dans des sociétés plus violentes, ou qui se perçoivent comme telles, car sensibilisées aux risques terroristes, aux incivilités, à l'accroissement de tensions entre groupes sociaux antagonistes, la question de la sécurité des personnes et des biens devient un enjeu prioritaire. Il se déploie à toutes les échelles (du local à l'ensemble de la planète) et aboutit à une territorialisation de la sécurité, qu'il convient de décrypter. Tel est l'objectif du présent programme de recherche, qui regroupe plusieurs équipes (France, Suisse, Italie, USA) du réseau international "Alerte en milieu urbain ; aménagement et développement durable à l'épreuve des risques" de l'UMR 5194 PACTE.
L'ambition de ce thème de recherche interdisciplinaire est de comprendre les mécanismes de construction et d'interaction des multiples représentations de la sécurité. Il part de l'idée que tout point d'exercice du pouvoir (ici concrétisé par les dispositifs de vidéosurveillance) est en même temps un lieu de formation et d'injonction de savoir. En tant que tel, il favorise une production territoriale qu'il s'agit de décrypter. Cela conduit à interroger la peur, en tant que ressource et que contrainte ; plus exactement les "figures de la peur" pour les personnes et des sociétés.
Description du thème et méthodologie
Ce sujet de recherche compare des territoires urbains alpins, dans un contexte d'événements internationaux exceptionnels : Turin (ville organisatrice des JO d'hiver en 2005), Genève (ville participante à l'Eurofoot 2008), recherche prospective avec Grenoble (candidate aux JO d'hiver de 2018). Grâce à l'implication de l'ensemble des équipes de recherche du réseau international de recherche "alerte en milieu urbain", les résultats obtenus seront pleinement intégrés à des réflexions sur des espaces plus vastes : en Angleterre, avec le cas londonien (ville organisatrice des JO 2012) et aux Etats-Unis (JO d'Atlanta en 1996 et candidature de Philadelphie pour 2016).
Pour chacun de ces terrains, le programme de recherche tente de répondre aux quatre questions suivantes :
- Quelles sont les dynamiques territoriales induites par les systèmes d'acteurs en présence ?
- Y a-t-il singularisation ou uniformisation des dispositifs de gestion des risques sécuritaires par vidéosurveillance ?
- Quelle position pour l'individu dans la ville, au regard des technologies utilisées ici pour gérer le risque ?
- Quelle est l'influence du champ médiatique et de la communication (le discours et le visuel) dans la "mise en sécurité" ?
Dans une première phase, il conviendra de décrypter les dispositifs de vidéosurveillance d'une part et les risques de sécurité liés aux grands évènements choisis d'autre part. D'où une identification des représentations individuelles et collectives en matière de vidéo surveillance.
Dans une deuxième phase, l'inscription territoriale des représentations de la peur sera abordée : c'est-à-dire, comment les peurs contribuent à territorialiser l'espace à l'occasion de ces grands événements via les dispositifs de vidéosurveillance.
Enfin, des scénarios seront établis, identifiant les stratégies adaptatives des habitants et l'acceptabilité des dispositifs de vidéosurveillance. La mise en place de ces scénarios suppose un travail de formalisation, dans un but de généralisation à des espaces similaires. Cette dernière étape pose la question des territoires pertinents de l'action publique, de la coopération public-privé, et de l'articulation entre action collective et territoires mentaux.
Résultats attendus
A l'issue de la première phase les productions seront (1) un document pour chaque site et un document pour chaque étape intersite, mis en ligne en journal électronique, à l'usage des chercheurs, du public et des décideurs (2) un rapport préliminaire de synthèse de l'ensemble des autres documents, lui aussi en ligne et donnant matière à (3) un article publié dans une revue internationale (probablement "Journal of Homeland Security").
A l'issue de la seconde phase : (1) un document d'analyse du contenu des discours de manière à identifier les figures représentatives à partir desquelles sont construits les programmes d'action, nommés "les figures de la peur" (3) une représentation graphique des mécanismes de recomposition territoriale induits.
Enfin, les productions finales seront (1) un rapport présentant les scénarios retenus (2) un article dans une revue internationale reprenant les principaux résultats du rapport (3) un colloque, à Grenoble, clôturant ce thème à révision quadriennale (4) forums et réunions d'information, de vulgarisation et de débat sur les résultats obtenus, dans les villes concernées par ces événements à l'horizon 2011 (Grenoble, et Londres) avec les associations locales représentant les habitants et les acteurs publics et privés, agriculteurs, urbanistes et professionnels du tourisme. Un ouvrage théorique reprenant l'ensemble de travaux (probablement Armand Colin, ou Belin) clôturera les recherches.
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